mardi 2 novembre 2010

Les BONGHEATREUX répétent...

Hier soir, en répétition, lectures, travaux sur le rythme, le positionnement de la voix, découverte d'auteurs...Pinter, Ionesco...
Sont présents : Angélique, Paquita, André, Mickaël, Christine, Nuno, Denis, Jacques, il manque Anna.
Hervé en embuscade derrière son appareil photo...

D'abord un travail d'échauffement avec des extraits du "Malade imaginaire" de Molière.
Jacques donne des indications de jeu, la couleur des personnages.
 
Cliquez sur les images pour les agrandir...
Lectures : 

Harold Pinter (né le 10 octobre 1930 et mort le 24 décembre 2008 à Londres) est un écrivain, dramaturge et metteur en scène britannique. Il a écrit pour le théâtre, la radio, la télévision et pour le cinéma. Prix nobel de littérature en 2005.
http://electicmindbeautiful.files.wordpress.com/2008/12/pinter_harold-001.jpgLes créations de Pinter sont appréciées pour leurs recherches stylistiques et leur précision presque maladive. Elles renvoient généralement le théâtre à sa base élémentaire avec des dialogues qui basculent de manière inattendue et des pièces closes où les êtres sont livrés les uns aux autres. Le masque des convenances sociales tombe. Les personnages, fondamentalement imprévisibles, révèlent sans spectaculaire une faille ou une étrangeté dans leur identité, due à leur passé insaisissable qu'ils tentent vainement de reconstituer à travers des récits flous et contradictoires. Les êtres semblent coupés de tout ancrage sociologique même s'il peut exister entre eux des liens sociaux ou familiaux qui ne suffisent pourtant pas à les caractériser.
Le dramaturge situe presque toujours ses pièces dans des intérieurs très fournis, minutieusement décrits mais saturés d'éléments disparates dont l'inutilité n'a de cesse d'être souligné comme dans Le Gardien. Très vite le décor normalement chaleureux et rassurant d'un foyer, comme celui de The Collection (1961), produit un climat d'insécurité et se mue en un lieu qui laisse place à d'étranges intrusions, avec un retour de pulsions refoulées.
Les conversations les plus banales se révèlent en conséquence être l'espace privilégié de stratégies de domination physique, psychologique et sexuelle. Des rapports de forces brutaux ressurgissent dans le glissement progressif des répliques. Les dialogues de Pinter mélangent un certain naturel d'expression (courtes répliques, formules simples, utilisation de l'argot) à un dérapage verbal à la limite de l'onirisme, empli de saturations et de répétitions (monologues, soliloques, suspensions, coupes, ellipses, silences). L'idée de communication est ainsi mise à mal dans un univers où le faux et le véridique se télescopent sans pouvoir être démêlés.
Le rapport à l'autre ne fait que renforcer le sentiment de solitude et de violence pouvant exploser à tout moment. En ce sens, Pinter se veut l'illustrateur de l'absurdité et de l'horreur cachée du monde moderne tel qu'il apparait après la Seconde Guerre mondiale. À partir des années 1980 et 1990, l'auteur trouve un nouveau souffle grâce à la contestation politique, se livrant à de virulentes critiques de l'ère Thatcher, de l'invasion de l'Afghanistan, du libéralisme, de la guerre du golfe, de la dictature de Pinochet et plus tard du blairisme.
Pinter jouit aujourd'hui d'une posture de « classique moderne ». Il est considéré comme la figure la plus illustre du théâtre anglais de la seconde moitié du XXe siècle. Ses pièces sont depuis longtemps devenues des monuments incontournables pour les études de théâtre
et d'art dramatique. Le style inimitable de l'auteur, empli de perturbations langagières absurdes d'où sourd un certain humour, a même donné naissance à un adjectif couramment utilisé dans le domaine artistique : « pinteresque ». On peut aussi parler de « pinteresquerie » pour définir une pièce de théâtre à l'atmosphère oppressante ou située dans un milieu particulier. En anglais, ce mot a rencontré un tel succès qu'il a intégré le dictionnaire en 1966 : « Pinterian » désigne « un univers absurde dans lequel les personnes s’expriment comme si leurs conversations devaient être surprises ». WIKIPEDIA
http://www.theatre-contemporain.net/images/upload/thumbs/L255-H187/2763121043.jpg
"Le Gardien", Robert HIRSCH, et Samuel LABARTHE en 2008.

Lectures d'extraits d'Ébauches (1959), Sketch :

The black and white
Dans un café minable mais bondé, deux vieilles amies, des femmes délaissées qui n’ont pas grand-chose à faire et nulle part où aller, essaient de lutter contre la solitude en s’engageant dans une conversation à bâtons rompus au sujet du pain, de la soupe et des itinéraires d’autocars.

Trouble in the works
Le patron d’une usine apprend du contremaître que les employés sont satisfaits des conditions de travail mais se sont subitement montrés mécontents des produits qu’ils fabriquent, qui comprennent des articles aussi bizarres que la «flûte de fraise en spirale et au manche de bougie à haute vitesse». 

Lecture d'un extrait de "La cantatrice chauve" de Ionesco

Eugène Ionesco, né Eugen Ionescu le 26 novembre 1909 à Slatina, Roumanie et mort le 28 mars 1994 à Paris, est un auteur dramatique et écrivain roumain et français. Il passa une majeure partie de sa vie à voyager entre la France et la Roumanie. Représentant du théâtre de l'absurde, il a écrit de nombreuses œuvres dont les plus connues sont La Cantatrice chauve, Les Chaises ou bien encore Rhinocéros.


[extrait 1] : Comme c'est curieux!
Mme et M. Martin s'assoient l'un en face de l'autre, sans se parler. Ils se sourient, avec timidité.
M. Martin, d'une voix traînante, monotone, un peu chantante, nullement nuancée. - Mes excuses, Madame, mais il me semble, si je ne me trompe, que je vous ai déjà rencontrée quelque part.
Mme Martin - A moi aussi, Monsieur, il me semble que je vous ai déjà rencontré quelque part.
M. Martin - Ne vous aurais-je pas déjà aperçue, Madame, à Manchester, par hasard ?
Mme Martin - C'est très possible ! Moi, je suis originaire de la ville de Manchester ! Mais je ne me souviens pas très bien, Monsieur, je ne pourrais pas dire si je vous y ai aperçu ou non !
M. Martin - Mon Dieu, comme c'est curieux ! Moi aussi je suis originaire de la ville de Manchester, Madame !
Mme Martin - Comme c'est curieux !
M. Martin - Comme c'est curieux !... Seulement moi, Madame, j'ai quitté la ville de Manchester il y a cinq semaines environ. La suite de l'extrait...

Un joli moment de complicité...Merci à tous!

Pour l'instant les répétitions sont fixées les lundi et jeudi de 20h00 à 22h00 dans la salle des fêtes de Bongheat.

Un lien vers les vidéos de la répétition : Les BONGHEATREUX sur YouTube

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